RDC : des soupçons de pollution autour d’une grande mine de cobalt au Lualaba

Une organisation internationale de défense de l’environnement tire la sonnette d’alarme sur de possibles effets sanitaires liés aux activités minières dans le sud-est de la République démocratique du Congo. Un rapport évoque une dégradation de la qualité de l’air autour de la mine de Tenke Fungurume, accusations que l’entreprise exploitante rejette.

L’exploitation du cobalt dans le sud-est de la République démocratique du Congo fait l’objet de nouvelles préoccupations environnementales. Dans un rapport publié récemment, l’organisation Environmental Investigation Agency (EIA) met en cause l’impact potentiel des activités minières autour du site de Tenke Fungurume, situé dans la province du Lualaba, rapporte RFI.

Selon cette organisation spécialisée dans la lutte contre les crimes environnementaux, les communautés vivant à proximité des installations minières pourraient être exposées à une pollution de l’air susceptible d’affecter leur santé. L’enquête, menée pendant plusieurs années, s’appuie notamment sur l’analyse de dossiers médicaux, des mesures indépendantes de la qualité de l’air et des témoignages recueillis auprès des habitants de la zone.

Le document évoque une augmentation des maladies respiratoires observée ces dernières années dans les localités voisines du site minier. Des habitants et certains travailleurs auraient signalé divers symptômes, notamment des problèmes respiratoires persistants.

Les enquêteurs indiquent également avoir détecté, dans certaines zones proches des installations industrielles, des concentrations élevées de dioxyde de soufre. Ce gaz peut être émis lors des opérations de transformation du cuivre et du cobalt, deux minerais exploités dans la région.

Face à ces accusations, la société Tenke Fungurume Mining, filiale du groupe minier chinois CMOC, rejette toute responsabilité. L’entreprise affirme que ses systèmes de contrôle environnemental démontrent que les émissions respectent les normes en vigueur et conteste le lien établi entre ses activités et les problèmes de santé signalés.

Dans son rapport, l’ONG appelle les autorités congolaises à mener des investigations indépendantes afin de vérifier les impacts sanitaires et environnementaux des opérations minières dans cette zone stratégique.

La province du Lualaba constitue l’un des principaux centres mondiaux de production de cuivre et de cobalt, des ressources devenues essentielles pour l’industrie technologique et la fabrication des batteries destinées notamment aux véhicules électriques.

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