Par Patient MBY
Le gouvernement congolais a ordonné la suspension des motions et des pétitions dans les assemblées provinciales « durant cette période de guerre ». Cette décision fait suite à une vague de crises ayant frappé les institutions politiques provinciales à travers la République démocratique du Congo ces derniers jours.
Lors de ces assises sur la gouvernance provinciale et locale pour la prévention de l’extrémisme violent, lancées depuis lundi 03 novembre, le vice-premier ministre de l’Intérieur a ordonné, sur instruction du président de la République, l’adoption d’un moratoire sur les pétitions et motions.
« J’en appelle encore une fois au sens de responsabilité des uns et des autres, afin que tous s’engagent sur la voie de la cohésion nationale et de la stabilité des institutions provinciales. Les gouverneurs de province doivent s’engager dans une gestion saine et transparente des ressources et assurer une concertation permanente avec les bureaux des assemblées provinciales sur les grandes questions d’intérêt majeur : programmes, projets, accords à financer tant par le gouvernement central, la province que par les partenaires techniques et financiers.Les membres des bureaux doivent conduire les assemblées respectives à adopter une résolution suspendant les pétitions et les motions pendant cette période de guerre », a déclaré Jacquemain Shabani Lukoo aux gouverneurs et membres des bureaux des assemblées.
Pour le chef de la territoriale, la mesure prise par le gouvernement vise à assurer la stabilité des institutions dans les provinces, indiquant que le pouvoir central « ne saurait dorénavant laisser les provinces sombrer dans un cycle d’ingouvernabilité sans fin ». M. Shabani a fustigé le non-respect de l’acte d’engagement signé par les gouvernements provinciaux et les assemblées visant à harmoniser la collaboration entre les institutions.
« Force est de constater que les engagements pris par les uns et les autres pour un fonctionnement harmonieux des institutions provinciales, gage de leur stabilité, n’ont pas été respectés par ceux-là mêmes qui ont signé l’acte d’engagement. Nous assistons à un enchaînement de pétitions visant les membres des bureaux ou encore des motions visant les gouverneurs de province, ce, dans certains cas, en violation du principe du droit de réponse de la personne incriminée, pourtant consacré par les règlements d’ordre intérieur des assemblées provinciales », a-t-il déploré.
Une crise institutionnelle persistante a été constatée dans plusieurs provinces de la RDC, notamment la Tshopo, le Kwango, le Kongo-Central, le Haut-Lomami et le Sankuru. Les gouverneurs et les membres des bureaux mis en cause ont été destitués ou contraints de démissionner sous la pression des frondes.













