Par Patient MBY
Le procès de Joseph Kabila a pris une nouvelle tournure ce jeudi 21 août devant la Haute Cour militaire. La partie civile, représentée par les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, a réclamé plus de 21 milliards de dollars américains à titre de dommages-intérêts contre l’ancien président de la République démocratique du Congo.
Dans le même temps, le collectif d’avocats mandatés par la République a remis en cause l’identité et la nationalité de l’ancien chef de l’État.
Au cours de cette audience jugée décisive, ils ont soutenu que Joseph Kabila aurait usurpé l’identité de Mzee Laurent-Désiré Kabila, héros national et ex-président, ainsi que de sa famille, pour se « congoliser » et accéder aux plus hautes fonctions, dont la magistrature suprême qu’il a exercée pendant 18 ans. Selon eux, son véritable nom serait « Hyppolite Kanambe », d’origine rwandaise.
Toujours d’après la partie civile, l’ancien président aurait fabriqué une filiation en s’attribuant Mama Sifa Mahanya comme mère et Laurent-Désiré Kabila comme père. Le nom de « Joseph Kabila Kabange » ne serait, selon leurs arguments, qu’un pseudonyme.
Ces accusations reposent notamment sur le témoignage d’Aimé Ngoy Mukena, ancien gouverneur du Katanga et ex-ministre de la Défense, qui affirme avoir reçu pour mission de conférer des origines katangaises à Joseph Kabila.
Pour Me Jean-Marie Kabengele, le leader du PPRD ne devrait pas être jugé comme Congolais, mais comme un « espion étranger ». Les avocats de la République l’accusent par ailleurs d’avoir planifié un assassinat contre le président Félix Tshisekedi.
Joseph Kabila, président honoraire de la RDC, fait face à de lourdes charges : viol, apologie du terrorisme, crimes contre la paix, haute trahison, homicides et actes de torture. Ce procès à rebondissements se déroule dans un climat politique particulièrement tendu.













