RDC : 8,3 milliards USD de financements non décaissés, Tshisekedi exige des solutions

RDC : 8,3 milliards USD de financements non décaissés, Tshisekedi exige des solutions

Par Emmanuel Medina

Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a exprimé sa vive préoccupation face à la très faible exécution des projets publics financés par les bailleurs de fonds internationaux. Un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) révèle que plus de 8,3 milliards de dollars dorment dans les caisses, faute d’une capacité d’absorption suffisante de l’État.

L’alerte est sonnée lors de la 96e réunion du Conseil des ministres présidée ce vendredi à Kinshasa à la Cité de l’Union africaine. Le chef de l’État a partagé avec les membres du gouvernement les conclusions sans appel d’une enquête minutieuse de l’Inspection générale des finances. Ce rapport met en lumière une crise majeure de gouvernance et d’exécution technique au sein du portefeuille des projets bénéficiant de l’appui des partenaires techniques et financiers (PTF).

Les chiffres présentés par l’exécutif témoignent de l’ampleur du fossé entre les promesses de financement obtenues et la réalité du terrain. Sur un portefeuille globalement actif évalué à plus de 10,7 milliards de dollars américains, seuls 24,3 % des fonds engagés ont été effectivement décaissés à ce jour.

Cette paralysie administrative laisse un reliquat astronomique de 8,3 milliards de dollars américains totalement inutilisés. Une somme colossale qui, selon la présidence, n’a toujours pas produit « les effets économiques et sociaux attendus » pour les populations congolaises, privées des retombées directes de ces investissements en infrastructures, santé ou éducation.

Rapportant les propos du président Tshisekedi, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a énuméré les causes structurelles de cet échec systémique. Le gouvernement pointe explicitement trois facteurs bloquants qui sont : la lourdeur excessive des procédures administratives, les retards chroniques dans la mobilisation des fonds de contrepartie dus par l’État congolais, et une insuffisance chronique dans le pilotage et le suivi managérial des projets.

« Cette situation traduit une faible capacité à convertir les financements mobilisés en investissements effectifs », a déploré le porte-parole du gouvernement lors de son compte-rendu officiel.

Au-delà du manque à gagner évident pour le développement national, cette inertie financière menace directement la diplomatie économique du pays. Le chef de l’État a formellement averti son équipe que cette sous-consommation des crédits affecte gravement l’efficacité de l’action publique, mais altère surtout « la crédibilité de l’État auprès de ses partenaires » bilatéraux et multilatéraux.

Il sied de noter que, face à ce constat technique de l’IGF le gouvernement est désormais attendu au tournant pour redresser la barre, simplifier les circuits de décision et libérer de toute urgence ces milliards de dollars destinés à la reconstruction du pays.

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